Éternel, le Roi te bénit :
Il doit sa délivrance
A ta prompte assistance :
Il triomphe, il se réjouit ;
Ton peuple va le voir,
Sauvé par ton pouvoir.
L'heureuse fin de son souhait
Lui vient d'être accordée,
Comme il l'a demandée ;
Et bien que sa bouche ne l'ait
Qu'à peine prononcée,
Il se trouve exaucé.
Tu le préviens du haut des Cieux ;
Ta faveur singulière
N'attend pas sa prière :
D'un diadème glorieux,
Richement façonné,
Ta main l'a couronné.
Il te demandait seulement,
De garantir sa vie,
Qu'il voyait poursuivie :
Et par un heureux changement,
Seigneur, tu lui permets
De régner à jamais.
Par ta grâce, et par ta bonté,
On voit sa renommée,
En mille lieux semée :
Ta main l'a toujours assisté ;
Tu l'as comblé d'honneur,
De gloire et de bonheur.
Tu veux qu'aux siècles à venir,
Il soit un grand exemple,
Où ta force on contemple.
Seigneur, il t'a plu le bénir,
Lui donnant de tes yeux
Un regard gracieux.
Puisque le roi, dans tout assaut,
Met avec assurance,
En Dieu ton espérance ;
Par l'appui ferme du Très-haut,
Il est sûr, désormais,
De ne tromper jamais.
Ton bras, ô Roi, saura frapper ;
On le verra défaire
Quiconque t'est contraire :
Ton bras saura, dis-je, attraper
Tous ces lâches esprits.
Et punir leur mépris.
Ton brûlant courroux les rendra
Semblables à la braise
D'une ardente fournaise.
Le Dieu des Cieux les détruira :
Par ses feux allumés
Ils seront consumés.
Ils périront entièrement,
Sans qu'il reste de trace,
Ni d'eux, ni de leur race ;
Dieu tiendra, par ce jugement,
Dans l'éternel oubli
Leur nom enseveli.
Ces méchants avaient entrepris,
Avec trop d'insolence,
D'abattre ta puissance ;
Entre eux le conseil en fut pris :
Mais leur trop faible bras
Ne l'accomplira pas.
On les verra, ces envieux
Qui t'ont osé déplaire,
En bute à ta colère ;
Et pour frapper ces furieux,
Tes traits bien assurés
Contre eux seront tirés.
Viens donc, élève-toi, Seigneur ;
Fais, pour notre défense,
Éclater ta puissance,
Nous chanterons à ton honneur,
Nous dirons à jamais
La gloire de tes faits.