O Dieu, qui nous as rebutés,
Et de toi long-temps écartés,
Tu t'éloignais dans ton courroux;
Cesse enfin, et reviens à nous.
Ton sacré mont fut ébranlé,
Ta terre sainte en a tremblé:
Referme, ô Dieu, ses ouvertures,
Guéris ses profondes blessures.
Israël tomba rudement,
Quand, d'un vin d'étourdissement,
Tus permis qu'il fût abreuvé:
Mais, grand Dieu, ta l'as relevé.
L'étendard de tes serviteurs,
Qui sont tes vrais adorateurs,
Par ta grâce, en l'air se déploie,
Et chacun s'y range avec joie.
Afin donc qu'à ses ennemis
Ton peuple ne soit plus soumis,
Soutiens-moi par ton bras puissant,
Et m'exauce en ce mal pressant,
Je m'en réjouis, ô mon Dieu,
Tu me réponds de ton saint lieu;
Sichem sera mon héritage,
Le val de Succoth mon partage.
Galaad, me donnant sa foi,
Me regarde comme son roi;
Et Manassé de tous ses biens
Veut encore augmenter les miens.
Ephraïm, ce peuple si fort,
Séra mon plus ferme support;
Et la royauté d'âge en âge,
De Juda sera le partage.
De Moab, malgré sa fierté,
On verra le pouvoir dompté,
Et ses princes humiliés,
A genoux me laver les pieds.
Les fils d'Edom seront sujets
Aux services les plus abjets.
Toi, Palestine, dans des fêtes,
Apprends à chanter mes conquêtes.
Mais par qui serai-je escorté
Jusque dans la forte cité?
Qui m'introduira dans Edom,
Et dans ces places de grand nom?
Ce sera toi, Dieu tout-puissant,
Toi-même, qui, nous punissant,
As souvent privé notre armée
De ta présence accoutumée.
Désormais donc, en tout assaut,
Montre-nous ton secours d'en haut;
Le bras de l'homme, sans le tien,
N'est que faiblesse; il ne peut rien:
C'est par toi que nos ennemis
Nous seront pleinement soumis,
Et par toi nous aurons la gloire
D'obtenir sur eux la victoire.