O Dieu, vois ma peine infinie,
Mon cœur se répand devant toi;
Entends mes cris, exauce-moi,
Et contre une troupe ennemie
Défends ma vie.
Garantis-moi des mains cruelles
De ces méchans fins et couverts;
Dissipe leurs complots divers,
Confonds les ruses criminelles
De ces rebelles.
Ils ont des langues acérées,
Plus perçantes que des poignards;
Leurs discours sont comme des dards,
Dont les âmes sont pénétrées,
Et déchirées.
Le juste en a reçu l'atteinte,
Dans les lieux les plus reculés:
Par leurs coups souvent redoublés,
Ils ont presque sa vie éteinte,
Sans nulle crainte.
Le crime seul plaît à leur âme;
Ils tendent leur piége en secret;
Et péchant sans aucun regret,
Qui voit, disent-ils, cette trame?
Et qui nous blâme?
Leur malice est toujours habile,
À contenter leur passion;
Pour eux, aucune invention
Ne fut jamais trop difficile,
Ni trop subtile.
Mais le Dieu sur qui je m'assure,
Pour détruire ces malheureux,
Lancera mille traits sur eux
Dont chacun fera sa blessure,
Soudaine et sûre.
Par leur propre langue damnable
Je les vois déjà confondus;
Ils courent partout éperdus,
Gémissant du mal effroyable,
Qui les accable.
Tout enfin rendra ses hommages
Au pouvoir du Dieu souverain;
Tout dira l'effort de sa main,
Dont on voit tant de témoignages
Dans ses ouvrages.
Surtout le juste en sa présence,
Le bénira d'un hymne saint;
Et le fidèle qui le craint,
Chantera, plein de confiance,
Sa délivrance.