Viens, Seigneur, viens, et prends pitié de moi:
Car, ô mon Dieu, mon âme espère en toi;
Et jusqu'au bout de mes peines mortelles,
Tu me verras t'invoquer avec foi,
Me reposer sous l'ombre de tes ailes.
Au Dieu très-haut mon cri s'adressera,
Qui de son trône à mon aide enverra
Sa sainte grâce et sas foi, que j'implore:
De mes frayeurs il me délivrera,
Rendant confus celui qui me dévore.
Mon âme, hélas! vit parmi des lions,
Des doute-feux, de lâches espions;
Leur dent maligne est une lance aiguë;
Leur langue prompte aux accusations,
Un trait qui blesse, une flèche qui tue.
Élève, ô Dieu, ta grandeur sur les cieux;
Qu'en l'univers ton nom soit glorieux.
Dans leurs filets ils m'ont voulu surprendre;
Et sous mes pas, ces lâches envieux
Avaient dressé leurs piéges, pour me prendre.
Mais les voilà tombés dans leur fossé;
Mon cœur en sent son espoir redressé,
Mon cœur en est tout rempli d'assurance:
Et connaissant que tu m'as exaucé,
Je chanterai ta force et ta clémence.
Maintenant donc, ma langue, réveille-toi;
Mon luth, ma harpe, approchez-vous de moi.
Au point du jour le repos j'abandonne,
Et devant tous je veux, mon Dieu, mon Roi,
Que ta louange en ma bouche résonne.
Jusques au ciel s'élève ta bonté,
Jusqu'à la nue atteint ta vérité.
Montre d'en haut tot l'éclat de ta gloire;
Fais qu'en tous lieux ton grand nom soit chanté,
Et qu'à jamais en vive la mémoire.